
La presse capoise sous pression : le RJNPH dénonce des violences et interpelle l’État
- 28 janv.
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Le Réseau des Journalistes Numériques Professionnels d’Haïti (RJNPH) tire la sonnette d’alarme face à la recrudescence des menaces, intimidations et actes de violence visant des professionnels de la presse dans le Nord du pays, en particulier au Cap-Haïtien.
Dans une note de dénonciation rendue publique ce lundi, l’organisation se dit profondément préoccupée par la détérioration continue des conditions d’exercice du métier de journaliste. Elle rappelle que, à plusieurs reprises, des reporters ont été victimes d’agressions physiques, de traitements dégradants et d’intimidations sur leurs lieux de travail, sans que des suites judiciaires ou administratives ne soient engagées contre les auteurs présumés.
Le RJNPH revient notamment sur les événements survenus le samedi 27 décembre 2025, au cours desquels les journalistes Frensly Estimable et Herly Millien ont été violemment agressés à la rue 5, boulevard du Cap-Haïtien. Selon l’organisation, ces actes auraient été perpétrés par des agents de sécurité de la mairie du Cap-Haïtien, appuyés par un individu armé, et ce, en présence de membres de la commission municipale, dont Patrick Almonor et Isaac Pierre-Louis.
Malgré la gravité des faits, le RJNPH déplore le silence prolongé des autorités compétentes et l’absence de toute mesure concrète visant à établir les responsabilités. Pire encore, lors d’une audition tenue le 26 janvier 2026 à l’Inspection générale régionale Nord de la Police nationale d’Haïti (IGPNH), les victimes affirment avoir constaté une minimisation des faits reprochés, accompagnée de propos jugés irrespectueux et dégradants à leur égard, alors même qu’elles étaient clairement identifiées comme journalistes en service.
Face à cette situation, le RJNPH exprime sa vive indignation à l’endroit d’une institution dont la mission est pourtant de « protéger et servir ». L’organisation estime que lorsque les journalistes sont privés de justice, c’est la liberté de la presse pilier fondamental de la démocratie ainsi que la sécurité de l’ensemble de la population qui se trouvent menacées.
En guise de protestation, le RJNPH annonce sa décision ferme et irrévocable de ne plus participer à aucune activité de la Police départementale du Nord jusqu’à nouvel ordre. Par ailleurs, il condamne avec la plus grande rigueur les violences et menaces répétées visant les professionnels des médias et appelle les plus hautes autorités de l’État, les instances judiciaires compétentes ainsi que la hiérarchie de la Police nationale d’Haïti à se saisir urgemment du dossier afin que justice soit rendue.
« La liberté de la presse n’est pas négociable. La protection des journalistes est une obligation de l’État », rappelle le RJNPH, réaffirmant son engagement à défendre les droits et la sécurité des professionnels de l’information en Haïti.
La rédaction.




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